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Crise Paris-Libreville: La raison d’Etat a-t-elle fait revenir Valls sur ses propos ?

Par David Makoumba Dissumba - 19/01/2016

David Makoumba Dissumba

 

Avant de quitter la capitale française où sa mission est temporairement suspendue, l’ambassadeur haut représentant du Gabon en France, Germain Ngoyo Moussavou, est allé déposer, le 18 janvier 2016 dans la matinée, à Matignon, siège des services du Premier ministre, une lettre de demande d’explications au Premier ministre français au sujet des propos qu’il a tenus deux jours auparavant au cours d’une émission sur la chaîne de télévision France2.

Tout en vantant l’excellence des relations franco-gabonaises, Ngoyo Moussavou a émis le vœu de voir Manuel Valls préciser le fonds de sa pensée, car, pour les autorités gabonaises, l’élection présidentielle gabonaise de 2009 s’était déroulée de manière tout à fait démocratique. D’ailleurs, précisent les autorités gabonaises, la France en avait reconnu les résultats, et son chef d’Etat de l’époque, Nicolas Sarkozy, avait été le premier président de la République à adresser ses «vives et chaleureuses félicitations» à Ali Bongo, dès début-Septembre 2009, avant même que la Cour constitutionnelle gabonaise n’ait tranché le contentieux électoral né de cette consultation.

Selon un expert des relations franco-africaines, «sauf à se dédire, la France ne peut, une première fois, reconnaître sous la droite le caractère démocratique de l’élection présidentielle de 2009, et, une seconde fois, sous la gauche socialiste, affirmer que les résultats proclamés n’étaient pas conformes à la réalité». Pour cet expert, «Manuel Valls va sans aucun doute faire machine arrière et ravaler son propos». Sauf s’il s’agissait en réalité, pour le Premier ministre français, «de dire, à travers cette petite phrase, ses quatre vérités aux dictateurs, aux faiseurs de coup d’Etat électoraux sur le continent, qu’ils doivent accepter le verdict des urnes, le choix des peuples», pense un universitaire gabonais.

 


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Mais, selon une source diplomatique de premier plan, Germain Ngoyo Moussavou, l’ambassadeur haut représentant du Gabon en France, a bien été reçu le 18 janvier à Matignon par Stéphane Romatet et Ibrabima Diawadoh, respectivement conseiller diplomatique et chargé de mission du Premier ministre français. Le premier a appelé à l’apaisement, estimant qu’il n’y a pas de crise entre Libreville et Paris, avant d’exprimer le fait que Manuel Valls ne souhaitait pas que s’installe une crise entre Libreville et Paris. "Car, il n’y a jamais d’ambigüité dans l’élection, sous surveillance d’observateurs internationaux, du président Ali Bongo en 2009", selon l’expression Stéphane Romatet, rapportée par la source diplomatique sus citée, indiquant que le conseiller diplomatique du Premier ministre français a souligné "le respect de Manuel Valls à l’endroit du président gabonais, tout en lui renouvelant son amitié". Les échanges auraient ensuite porté sur la visite que doit prochainement effectuer au Gabon, à la tête d’une délégation d’hommes d’affaires, le Premier ministre français. D’abord annoncée pour la fin de l’année dernière, il a été indiqué que le cabinet de Manuel Valls travaillait à la faisabilité de ce voyage. Visant à éviter toute polémique ou escalade, Matignon devrait incessamment publier un communiqué dans ce sens, et sans doute aussi l’ambassadeur du Gabon en France, Ngoyo Moussavou.

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